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Extrait du mémoire d'Andréa Lavigne

« Pour Kerbrat-Orecchioni, (2001) les énoncés qui empruntent le canal voco-acoustique sont réalisés en langage verbal et sont accompagnés de gestes, mimiques et productions corporelles qui empruntent pour l’essentiel le canal visuel et relèvent d’un autre système sémiotique. Les actes langagiers et non langagiers s’entremêlent donc lors des activités dialogales.

L’aptitude au dialogue en même temps que la construction du rapport à l’autre qui fonde et structure notre rapport au monde s’établit au tout début de la vie du nourrisson.

C’est en faisant acte de référence et en utilisant diverses modalités de perception qu’il investit la signifiance. Tous, adultes comme enfants, co-construisent cette signification de la production de ce qu’ils disent et de ce qu’ils entendent. La mise en relation de la triade signifiant-signifié-référent nécessite une certaine maturité cognitive qui se développera progressivement chez l’enfant. Cet acte de signifiance est fondamental dans l’aptitude à l’enfant à entrer en relation avec les autres.

Il fonde la possibilité pour l’enfant de faire du lien dans et par le langage. Un phénomène essentiel est celui de l’acte de référence, moment où le locuteur attire l’attention de l’autre (attention conjointe) en lui désignant un objet ou une personne pour la rendre signifiante. Ce processus induit le fait que le locuteur conçoit la possibilité que son interlocuteur a la faculté de penser à la même chose que lui en même temps pour partager un sens commun qu’il s’agira alors ensuite de compléter : de dire quelque chose de cet objet partagé. »

 

Andréa Lavigne, mémoire de Master

 

Lavigne, Andréa (2014). « Les interactions entre une enseignante et deux de ses élèves dans un contexte de classe spéciale : des actes de langage avec des élèves ayant un trouble du spectre de l'autisme et/ou une déficience intellectuelle » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en éducation.