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Danse et enseignants

Contexte. « L’arrivée en classe d’un élève présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), une déficience intellectuelle (DI) ou encore une dysphasie, modifie grandement les points de repère et les analogies pratiques (Faure-Brac, Gombert et Roussey, 2012; Perez et Assude, 2013; Lahire, 1998) à partir desquels un enseignant construit son activité au quotidien.

  • Pour ces élèves, les altérations du langage sont diverses et évolutives. (Guedj, 2014) 
  • Pour l’enseignant dont l’outil de travail est principalement le langage, l’interaction est un enjeu essentiel (Guedj, 2010, 2013).
  • A partir du langage oral et corporel, il tisse des liens, tente de situer le niveau de savoirs de ses élèves, les guide, les oriente, les écoute etc. (Guedj, 2010). Les approches interactionnelles utilisées en classe (Hanen, littérature jeunesse animée, Floor time, pédagogies ouvertes etc.) induisent très souvent de suivre les enfants dans leurs initiatives, mettant ainsi en jeu le corps de façon éprouvante (Guedj, 2013). De plus, dans toutes les stratégies d’interaction, le corps prend une place importante : orientation du corps, mouvements, mimiques, suivi du regard, gestes conventionnels etc. A ce double titre, il semble intéressant pour les enseignants de mieux comprendre leur corps en mouvement.

Dans cette recherche, il s’agit d’allier l’expérimentation de stratégies interactionnelles à des activités physiques de jeux créatifs dansés (aucune chorégraphie ou contrainte d’imitation) adressées aux enseignants sans leurs élèves dans la première phase de la recherche. Dans la deuxième année de la recherche, les enseignants seront accompagnés dans la création d’activités à destination de leurs élèves.
Dans cette approche est privilégiée l’observation des « invisibles du corps », ce qu’il induit, ce qu’il dit, pour soi-même et pour les autres. Bien être et créativité singulière sont privilégiés. Il s’agit d’envisager le développement de l’adulte ou de l’enfant comme une augmentation progressive de l’autonomie conforme à ses « propres talents et possibilités » Sherborne (date). Au travers d’un dialogue et d’un échange sans domination de l’un sur l’autre, les activités corporelles en mouvement permettent de stimuler et de développer les potentiels de chacun. Une dynamique se construit pour chacun mais dans une relation du groupe où la créativité fait écho à l’intérieur et vers l’extérieur de soi. Par ces mouvements dansés la confiance de soi et l’image positive de soi qui se construisent pas à pas permettent de développer des habiletés de socialisation et d’interaction.

  • Déroulement de la recherche.

1. Des ateliers de jeux créatifs dansés Une danseuse professionnelle analyste du mouvement dans le courant Laban, Myriam Tremblay, et une chercheure à l’université du Québec à Montréal, Delphine Odier-Guedj spécialisée sur les approches interactionnelles et le rapport au corps, organisent des sessions de jeux créatifs dansés au travers de mouvements simples et reproductibles. Ces activités de jeu dansé créatif sont organisées dans un studio de danse professionnel. (1h30 tous les 15 Jours).
Les séances sont filmées afin de pouvoir rétroagir sur les mouvements du corps et leurs enjeux.

2. Une analyse in-situ, dans les classes. Tous les mois, Delphine et Myriam lorsque cela est possible viennent au sein des classes pour vivre avec les enseignants des moments du quotidien, discuter des changements perçus et analyser avec elles comment les ateliers ont permis (ou non) de tisser de nouveaux liens ou de favoriser certaines interactions dans leur enseignement. Il s’agit notamment de mieux connaître la réalité du quotidien professionnel de chaque enseignant pour aménager, améliorer, modifier les propositions d’ateliers afin de répondre précisément à leurs besoins. Cette présence est envisagée à partir des approches ethnographiques qui prônent la nécessité de passer du temps dans les milieux de vie pour participer aux réalités depuis l’intérieur (partage culturel).
A ce titre, la participation des enseignants repose plus une collaboration avec les deux chercheures que sur une simple présence.
Dans la deuxième phase du projet, les ateliers au studio viseront la création de séances que les enseignants pourront mettre en œuvre dans leur classe. Il s’agira cette année-là d’introduire le mouvement pour les élèves afin d’analyser ce qu’il développe pour eux au sein des activités mêmes mais aussi au sein des relations didactiques plus générales.

3. Sessions de formation-discussion Pour la première année, deux sessions de formation (d’une heure trente chacune environ) seront proposées aux enseignants pour réfléchir à la notion d’interaction (à distinguer de communication) et cibler précisément leurs besoins et leurs attentes.

4. Modalité de participation. Pour l’année 2014-2015, le groupe d’enseignants sera réduit à 3 afin de pouvoir explorer à long terme leurs besoins, changements, demandes etc.

Les années suivantes les groupes pourront être plus vastes.

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