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Définir l'interaction

 

Suite à un travail d'exploration des concepts théoriques reliés à l'interaction, les participantes ont représenté l'interaction.

Etc...

 

 

Le schéma suivant est une représentation théorique visant à présenter comment peut se dérouler une interaction.

 

 
Processus d’une boucle d’interaction à deux locuteurs (explication du schéma)
Situation de face-à- face
Dans une situation de face-à- face, les locuteurs qui partagent un même espace physique, sont soumis aux mêmes contraintes du lieu. « Dans les échanges en face à face, la pression du destinataire est maximale et la moindre de ses réactions peut venir infléchir l’activité du locuteur en place » (Kerbrat-Orecchioni, 1998).
Cet endroit et les circonstances dans lesquelles ont lieu cet échange évoquent aux locuteurs un certain nombre d’indices qui teintent déjà l’interaction avant même qu’elle ne débute puis tout au long de son déroulement. Les interlocuteurs savent plus ou moins ce que l’on peut dire dans tel ou tel lieu, quelles sont les contraintes sociales reliées à ce type d’échanges, quelles sont leurs habitudes avec les interlocuteurs etc.

Enclenchement de la boucle d’interaction :

La boucle d’interaction est initiée par l’un d’eux
(locuteur A), qui veut entrer en contact avec son interlocuteur (locuteur B). Le locuteur A utilise des marqueurs d’ouverture de types variés :

  • marqueurs non verbaux : des expressions faciales, un regard, une posture, un geste...Dans ce cas, le locuteur A utilise le non-verbal pour entrer en contact avec le locuteur B.
  • marqueurs d’ouverture verbaux : un ou plusieurs mots, une interjection (hey, pstt...)
  • marqueurs paraverbaux : des hésitations, des pauses, des modulations de la voix (intonation, rythme) qui ponctuent l’énoncé.

Dans le cas où le locuteur A produit un énoncé comprenant plusieurs mots, ceux-ci décrivent un thème (le sujet dont on parle), il peut le préciser par des rhèmes (ce que l’on dit à propos de ce sujet). Il donne ainsi à entendre et à voir des informations explicites ou
implicites que le locuteur B va devoir d’abord percevoir et entendre puis interpréter.

Réception du premier énoncé :

Le locuteur B reçoit le premier énoncé porteur de sens. Il perçoit et interprète les marqueurs verbaux et non verbaux qu’il met en lien avec toutes les informations et connaissances extérieures à l’énoncé (les attentes, les contraintes sociales liées aux lieux,
temps et types d’échange etc.). Ces marqueurs pourraient être dotés d’une charge émotive de nature affective et/ ou évaluative.

Choix du locuteur B :

Le locuteur B décide soit de ne pas donner suite à l’interaction par des marqueurs non verbaux (en partant, par ex.) soit d’accepter la prise de contact et de prendre son tour de parole. Dans ce cas, il traite l’information en se représentant le thème, en associant les
rhèmes au thème, en visualisant le contexte et en décodant les informations explicites et implicites que lui fournit l’énoncé de A.

Dans le processus de la boucle d’interaction, il y a compréhension de la part de B si :

  • la contextualisation est sans équivoque,
  • le thème est connu et commun aux deux locuteurs,
  • les rhèmes sont cohérents avec le thème et correspondent au niveau de compréhension du locuteur B,
  • la référence explicite est claire et ne permet aucun doute quant à l’interprétation,
  • la référence implicite peut être déduite par le contexte.

Tour de parole 1 :

En prenant son tour de parole, le locuteur B s’engage dans l’interaction de façon verbale, paraverbale et kinesthésique. Il maintient ouvert le processus d’interaction. Son énoncé peut contenir des marqueurs de nature variée qui dévoilent une construction du sens en
train de s’organiser. Ces procédés discursifs, comme les reprises ou reformulations, les corrections, les hésitations, etc. participent de la construction du discours, ils le régulent.

Tour de parole 2 :

Le locuteur A entend et voit, il interprète l’énoncé de B. Il peut mettre fin à l’interaction par des marqueurs de fermeture ou adresser un nouvel énoncé à B.

Tour de parole 3 :

À son tour, le locuteur B choisit de répondre ou pas à ce nouvel énoncé.

Suite ou fin de l’interaction :

Les deux locuteurs peuvent prolonger la situation d’échange et donc maintenir la boucle ouverte. La coopération communicative est plus ou moins intense, selon des paramètres sociaux, psychologiques ou propres à la situation. Les locuteurs apportent des
ajustements d’informations explicites ou implicites si nécessaire, insèrent dans leurs énoncés des reformulations ou des corrections au besoin.
L’interaction peut être rompue à tout moment. L’un des deux locuteurs pourrait utiliser des marqueurs de fermeture de nature verbale, comme bon, d’accord, ok ou non verbale, comme un signe physique ou une mimique qui montre une volonté de mettre fin à l’interaction.